Le diabète gestationnel et moi : une grossesse un peu plus compliquée que prévu

Après avoir appris et confirmé ma grossesse, j’ai pris petit à petit la mesure de ce qui m’arrivait. J’ai appris à calculer l’âge de ma grossesse (en semaines de grossesse et en semaines d’aménorrhée), je me suis renseignée sur l’évolution du bébé, nous avons beaucoup discuté avec mon chéri de l’avenir, nous avons cherché un appartement plus grand, …

J’ai l’impression d’avoir beaucoup appris durant ces mois de grossesse et d’avoir pris conscience du bonheur que nous avions d’attendre un tout petit. C’était beaucoup de bonheurs dont je vous reparlerai (l’annonce aux proches, la préparation de la chambre de Poupette, les premiers petits achats de ces petites affaires de bébé trop mignonnes, les échographies et les premiers coups…). C’était énormément d’impatience aussi (surtout le dernier mois, surtout quand le terme est dépassé…), … Mais ça a été aussi difficile parfois.

Aujourd’hui, je voulais vous parler d’un coup de tonnerre dans ma grossesse qui résonne encore actuellement dans ma vie entière.

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Quand les résultats d’une prise de sang inquiètent

Je vous ai dit que la première prise de sang avait révélé quelque chose qui allait s’avérer un peu embêtant pour la suite de ma grossesse.

En fait, mon taux de sucre, à jeun, était trop important. Cela a donc été détecté très tôt chez moi (à même pas un mois de grossesse, alors que la détection du diabète est classiquement entreprise autour de 24 semaines de grossesse).

En réalité, j’ai fait l’objet d’un dépistage précoce car ma maman avait elle-même souffert d’un diabète de grossesse en m’attendant. Or la génétique est un facteur de risque pour ce type de maladie.

Quand l’histoire familiale pèse

Pour ma maman, ce diabète a été très difficile à gérer et la prise d’insuline ainsi que l’encadrement médical de son diabète ont eu des répercussions très lourdes sur sa santé et sur sa fertilité. Cette histoire n’appartient qu’à elle et je ne souhaite pas en dire plus ici mais il faut savoir que cette histoire familiale m’avait donné une peur bleue de contracter un diabète gestationnel et une angoisse sans nom quant à l’idée d’un possible traitement à l’insuline.

Donc, lorsqu’on m’a annoncé les mauvais résultats de cette prise de sang j’ai été totalement paniquée. J’apprenais par le même coup de fil que j’étais bien enceinte et que j’avais un taux de sucre trop haut. Directement, j’ai trouvé les messages du corps médical trop alarmistes. Je me suis sentie une mauvaise mère, j’avais l’impression de faire du mal à mon enfant alors qu’en réalité je n’y étais pour rien.

Finalement, à ce moment-là, peu de choses ont été décidées avec les médecins, rien n’a été mis en place et je me suis sentie livrée à mon propre sort avec ma panique et mes peurs.

Quand je perds les pédales

J’ai alors entrepris de me renseigner moi-même sur le diabète et le diabète gestationnel. J’ai aussi relativisé les choses : mes taux était un peu hauts et flirtaient avec la limite, mais je n’explosais pas tout.

Ces recherches m’ont aidée à relativiser les premiers mois et à prendre un peu de recul tout en commençant à penser à mon alimentation, en douceur.

Mais plus ma grossesse allait et plus cela était difficile. Je vous épargnerai les détails de mes relations avec les soignants, mais cela n’a pas toujours été facile. Je me suis sentie très culpabilisée, peu soutenue dans ma démarche et peu encadrée… J’ai eu l’impression que beaucoup des membres du corps médical auraient préféré que je prenne de l’insuline, sans faire de régime et que ma démarche les dérangeait. En tout cas, c’est la sensation que j’ai eue.

A ce moment-là, j’ai vraiment perdu pied. J’avais tout le temps peur : peur d’avoir faim, peur de manger, peur de ne pas assez marché, peur de prendre du sucre sans m’en rendre compte, peur de prendre mes glycémies, … Cette peur permanente m’empoisonnait la vie et me faisait perdre le contact avec mon bébé. Je ne voulais plus de cette grossesse, de cette angoisse, de la culpabilité permanente,… Je me sentais si seule, si incomprise.

Quand je dois contrôler tout ce que je mange

Ce qui me gênait le plus était mon régime alimentaire, car, pour le reste, un diabète gestationnel est bien souvent asymptomatique. Surtout que les mois passant et les professionnels étant rencontrés, mes interdits alimentaires ne faisaient qu’augmenter. Outre les interdits classiques quand on n’est pas toxoplasmose-proof et le régime tenant compte des risques de listériose ; il fallait ajouter un régime diabétique assez complet. Ce régime, ce n’est pas juste se passer de bonbons ou de chocolat. Cela va plus loin, car les sucres se cachent dans beaucoup de choses.

Comme je voulais à tout prix éviter le traitement à l’insuline, j’ai fait en sorte de respecter un régime très strict afin d’éviter toute augmentation de ma glycémie au-delà des taux limites. Il m’a fallu une volonté de fer et un peu d’ajustements grâce à la prise de ma glycémie à chaque fois que j’essayais un nouvel aliment.

Il faut savoir que face au diabète, nous sommes toutes différentes. Certaines vont très bien gérer certains aliments alors que d’autres pas du tout. Ainsi, chez moi, le riz (complet ou non), la semoule, le quinoa, les pâtes (complètes ou non), ne sont pas bien ingérés du tout. Mes taux montent très fort. Comme féculents, je ne supporte qu’une pomme de terre cuite à l’eau ou des lentilles. Certaines personnes supportent bien d’autres aliments. C’est vraiment personnel. L’idéal est de se tester avec son appareil pour mesurer sa glycémie à chaque nouvel aliment essayé.

Quand je rencontre le Docteur Géniale qui a sauvé ma grossesse

Alors, je me suis tournée vers une médecine alternative. J’ai été voir une médecin généraliste naturopathe et homéopathe. Sa vision des choses m’a nettement mieux convenue. Elle m’a encouragée à continuer mon régime, m’a donné des conseils alimentaires, m’a soulagée de ma culpabilité, m’a donné des méthodes naturelles et douces pour faire face à mon problème de santé.

Cette femme a littéralement sauvé ma grossesse. J’en étais arrivée à ne plus supporter cet état, je pleurais toute la journée, je culpabilisais et certaines phrases des soignants tournaient en boucle dans ma tête (à propos de mort inexpliquée de fœtus, qui seraient en fait expliquée par un diabète [Haha, le sens d’ « inexpliquée » c’est bien qu’il n’y a pas d’explication, non ?]).

Après l’avoir rencontrée, cette Docteur Géniale, j’ai énormément relativisé certaines choses : le fait qu’un taux n’est jamais objectif, que la fixation d’un taux fait varier beaucoup de statistiques (les taux pour le diabète de grossesse ont ainsi récemment réduits, donc forcément il y a beaucoup plus de diabètes gestationnels aujourd’hui qu’il y a 20 ans).

En même temps, elle contrôlait régulièrement mes taux via le glucomètre et via prise de sang et dans le cas où mes taux avaient commencé à exploser, elle aurait été la première à me réorienter pour que j’aie un traitement adapté.

Alors, chère Docteur Géniale, merci mille fois pour tout ce que vous avez fait pour moi. Vous m’avez sauvée, vous avez sauvé mon lien avec ma fille, vous avez sauvé mon rapport à la nourriture.

Quand on se rend compte qu’à toute chose malheur est bon

Ce que je retiens de cette expérience, au final, c’est qu’on a traversé cela ensemble : ma Poupette et moi. Elle a été mon meilleur moteur. J’ai été beaucoup soutenue par mes proches : mon mari, ma famille, mes collègues, …

J’ai rencontré le Docteur Géniale, que je vois encore régulièrement. Elle m’a aidée à prendre contact avec d’autres formes de médecine, à m’écouter et à mieux connaitre mon corps.

Et puis, le diabète et surtout mon régime m’a permis de ne prendre que 4kg500 durant ma grossesse. Ce qui est un atout indéniable pour l’après-accouchement (surtout quand tu sors de la maternité en pesant -12kg par rapport au jour de l’accouchement).

Ce changement de mode de vie, il a été plus durable que ces quelques mois de grossesse… Car j’ai appris que le diabète était sans doute un état préexistant chez moi. Mais ça c’est une autre histoire que je vous raconterai un jour…

 

XXX

Charlotte

 

12 commentaires Ajoutez le vôtre

  1. mamanlouna dit :

    Je me retrouve beaucoup dans ton désarroi à l’annonce de ce diabète gestationnel.
    Moi aussi, j’ai trouvé que les rapports avec les soignants étaient extrêmement compliqués, qu’ils étaient culpabilisant, voire infantilisant. J’ai clairement eu une bonne partie de ma grossesse gâchée par ce poids au-dessus de ma tête, d’autant plus que, dans mon cas, c’était la glycémie à jeun que je n’arrivais pas à maîtriser, donc autant dire que le régime avait un impact plus que limité sur mes taux de glycémie, et j’ai rapidement dû me résoudre à prendre de l’insuline.
    Moi aussi je suis ressortie assez traumatisée par cette expérience : si tu veux aller jeter un coup d’oeil à mon article sur le sujet (https://misslune.com/2016/04/19/mon-diabete-gestationnel-et-moi/).

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    1. J’ai beaucoup cherché des témoignages de personnes ayant traversé un diabète gestationnel… Et j’avais dévoré les tiens (sur DMT, à l’époque).
      C’est difficile cette impression d’être coupable, constamment.
      Enfin, c’est la vie et il faut bien vivre avec cette petite maladie.
      Quand tu n’es pas enceinte, pas diabète ou d’intolérance au glucose?

      Aimé par 1 personne

      1. mamanlouna dit :

        Non, mais j’ai mis longtemps à retrouver un taux de sucre dans le sang normalisé après la grossesse.
        Et surtout, tout comme toi, je crains pour la suite (déclarer un diabète de type II ou avoir une autre complication).
        Si tu as encore besoin de témoignages dans ce sens, il y a un très bel article de Rose comme trois pommes sur le sujet.
        Et toi, depuis la fin de ta grossesse, comment ça va ?

        Aimé par 1 personne

        1. Oui, je sais qu’elle a aussi traversé le problème pour ses deux grossesses.
          Moi, j’ai encore un problème mais on pense que j’ai un diabète de type 1 (ou une grosse intolérance au glucose, ça dépend les normes qu’on suit) depuis plusieurs années mais qu’on a commencé à contrôler cela quand je suis tombée enceinte et qu’on s’en est donc rendu compte à ce moment-là.
          Bref, ma vie tourne encore beaucoup autour du sucre (ou plutôt de son absence). Mais on s’y habitue. Et… J’avoue que je me sens plus en forme sans sucres. 🙂
          Je vais encore écrire sur le sujet, je crois! 😉

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  2. Flora dit :

    Je n’arrive pas à croire qu’un médecin a pu te dire une atrocité pareil ! Je suis sur le c**…
    Heureusement que tu as rencontré ta naturopathe géniale, c’est une grande chance. ça te permettra d’envisager une autre grossesse plus sereinement (enfin si ça t’intéresse ! )
    En tout cas ta poupette a l’air de bien se porter et j’avoue que la perte de poids donne envie 😉

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    1. Et oui, j’ai moi-même pas mal halluciné sur le coup. Le dialogue était absurde.
      Mais en même temps, j’ai franchement entendu beaucoup de choses horribles. Comme quoi Poupette allait être trop grosse, mourir d’une hypoglycémie en naissant, …
      Et puis, le diabète fait dire des bêtises à tout le monde. C’est une maladie méconnue et mal comprise…

      Ma Poupette va bien, elle n’a aucune séquelle. Et puis, cela me fait un peu rire car le grand argument pour l’insuline qu’on me servait régulièrement c’était : « Grâce à l’insuline, vous éviterez que votre bébé ait un diabète un jour, comme vous » (Culpabilisant à souhait, hein? ).
      Or, pour revenir à ma maman, elle a eu 4 enfants, 4 diabètes, mais seulement 1 avec un traitement à l’insuline : pour moi. Et… je suis la seule de mes soeurs a être diabétique. Haha.

      Bon et je ne me plains pas de mon poids post grossesse… Je l’ai surnommé le régime « bébé-alien ».

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  3. Pititefleur dit :

    Je l’avoue, c’est quelque chose qui me fait un peu peur. Même si je n’ai absolument aucun cas de diabète dans mon entourage. Mais bon il suffit que cela tombe sur toi non ?
    J’ai aussi peur de ce discours culpabilisant qui n’est pas sans me rappeler quelques mauvais souvenirs familiaux 😅

    Aimé par 1 personne

  4. A priori, cela peut tomber sur n’importe qui, mais il y a des facteurs de risques : l’âge, l’hérédité, le surpoids, …
    Je te souhaite de tout cœur de ne pas en avoir, mais si tu en as, ma porte sera ouverte pour de déculpabiliser! 😉

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