Alors, tu l’allaites ou pas?

Question redoutée, question angoissante et parfois question portant d’emblée un jugement de valeur; la question de l’allaitement ou non est presque inévitable. Que ce soit le corps médical,  les proches, les moins-proches, la voisine, … Tout le monde a un avis sur cette question.
Alors allaiter ou ne pas allaiter?

Bon, je vous l’écris d’emblée, la question restera ouverte! Personnellement, j’ai allaité Poupette. Exclusivement pendant plus de 3 mois, ensuite en mix avec des biberons pendant encore 1 mois et demi.

J’ai allaité car tout s’est toujours bien passé pour moi, que la mise en place a été simple, que l’idée d’allaiter me plaisait et j’ai arrêté pour permettre à Poupette de se sevrer en douceur (allaitement mixte) et, ensuite, d’être aux biberons pour ma reprise du travail (vers ses 4 mois et demi). Les choses se sont faites comme ça, sans que je doive y réfléchir… Mais les questions m’ont tout de même souvent angoissée/agacée/énervée/…

Je suis souvent peinée par la situation de certaines femmes autour de moi qui se sentent jugées ou honteuses de ne pas avoir allaité, d’avoir allaité trop longtemps ou pas assez.

Alors, aujourd’hui, on parlera de ce choix qui vous appartient mais que le monde entier semble vouloir prendre pour vous! 

Parce qu’un peu comme votre ventre qui rentre dans le domaine public dès qu’il commence à s’arrondir, sachez que tout le monde (oui oui tout le monde) aura un avis concernant le fait que vous allaitez ou non. Du même coup, votre soutien-gorge passera, lui aussi, dans le domaine public…

C’est très désagréable, j’en conviens, mais c’est ainsi. Alors autant se blinder.

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Avant la naissance

Personnellement, j’avais toujours dit que je voulais essayer d’allaiter. Mais que si ça ne marchait pas, je n’insisterai pas. La santé de mon bébé était trop importante, et sa prise de poids aussi. Et puis, mes seins, ma poitrine, c’est mon corps; et j’en fais ce que je veux. Merci.

Et quand je disais ça, j’avais des réactions complètement antagonistes.

Certains me disaient de ne surtout pas allaiter, que ça donnait des vergetures, des seins qui perdaient toute fermeté et que finalement, ça empêchait Papa de participer aux moments de repas, essentiels, lors des premières semaines de vie de bébé.

D’autres me disaient de surtout allaiter, de me battre et de continuer, même si ça fait mal, même si ça saigne, même si c’est horrible. Hum… Merci, ça donne envie d’essayer.

La solution : ne pas en parler et éviter le sujet sauf avec ceux dont l’avis m’intéressait.

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Photo personnelle

Alors, j’ai essayé de préparer doucement mon corps à l’allaitement.

J’ai pris soin de ma poitrine, avec des crèmes et des sérums afin que la peau soit bien forte et bien hydratée. Et surtout, j’ai acheté un gant en crin et doucement, dès le 6ième mois de grossesse, j’ai massé ma poitrine afin de renforcer la peau du mamelon afin qu’il soit moins sensible aux crevasses et autres joyeusetés (conseil du docteur Géniale dont je vous avais déjà parlé ici). L’idée : nos mamelons sont tout tendres car souvent dans des soutiens-gorges, durcir un peu leur peau permet de mieux résister à la force de succion du bébé.

Après la naissance

Ma Poupette a directement bien pris le sein. Elle tétait bien et mangeait bien. Je n’ai eu aucun douleur, aucune difficulté ni à la montée de lait, ni avant, ni après. Bref, c’était la voie royale pour allaiter.

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Et ça m’a plu, j’aimais ces moments en peau à peau. Ces instants de douceur, elle contre moi. Je m’endormais souvent en allaitant, et elle en mangeant, tellement cela nous apaisait. Bref, j’ai adoré ça.

Il y a eu des moments plus durs (le reflux et une puce agitée lorsqu’elle était au sein), des questions, des engorgements et des peurs car je ne savais pas quantifier ce qu’elle buvait. Mais globalement, tout allait bien.

J’allaitais partout, car cela ne me gênait pas. Je mettais poupette sous un foulard ou un lange pour ne pas exposer ma poitrine et hop… A part un commentaire douteux dans un resto, personne ne m’a jamais rien dit.

Petite technique d’allaitement pour avoir les mains libres au resto : le lange noué autour du cou qui forme un berceau à hauteur de votre poitrine : vous y mettez bébé et, ni vu ni connu, vous avez vos deux mains et un bébé qui boit, sans exposer votre anatomie à tout va.

Et puis, vers les 2 mois de Poupette, toc toc toc, j’ai de nouveau eu droit aux commentaires des uns et des autres : « Tu vas la sevrer quand? », « Il faut faire attention, car les enfants allaités sont parfois plus capricieux », « Ne dépasse pas trois mois, au-delà, le lait maternel n’apporte rien de plus que le lait en poudre ».

Hahaha.

Merci les amis, mais vos commentaires sur ce que je devrais faire… Ce qui est étonnant c’est que ce sont parfois les mêmes qui culpabilisent celles qui n’allaitent pas. Bref, peu de cohérence dans ces interventions.

Quand j’ai sevré, en douceur, Poupette

J’ai pris un mois et demi pour sevrer Poupette. Car je voulais que ça se fasse en douceur, tranquillement. Sans stress. Pour avoir le temps qu’elle puisse accepter le biberon avant de totalement arrêter les tétées.

Et ça a été nécessaire. Elle était vraiment très très fâchée que je ne lui propose plus toujours le sein. Elle a bien pris 2 à 3 semaines avant de boire un biberon en entier. Quel plaisir alors, de ne pas avoir le stress du retour au travail dans ces conditions. On avait le temps et on allait le prendre pour que, pour elle et pour moi, cette transition se passe au mieux. Car j’ai été triste de la sevrer. J’en ai pleuré, mais en même temps, je savais qu’à ma reprise du travail c’était à peu près la seule solution pour nous. Alors, on a profité des tétées câlins, au lit, l’une contre l’autre, somnolentes et apaisées. Et on a découvert ensemble d’autres choses : le plaisir pour elle de pouvoir regarder tout en buvant ce qui se passe autour, le biberon que Papa peut donner aussi, …. Et finalement, on a passé le cap.

Mais encore une fois, ce qu’il se passait entre elle et moi, faisait l’objet de commentaires de la part de beaucoup : « Très mauvaise idée un sevrage aussi long. Ça ne sert à rien. C’est comme un pansement, plus vite c’est enlevé, mieux c’est ». Ou encore : « Si c’est pour diminuer si progressivement, tu devrais encore l’allaiter exclusivement pendant 4 semaines et puis prendre 2 semaines pour la sevrer ».

Encore une fois, je ne sais pas comment ça aurait été autrement… Mais pour moi, ce sevrage en 6 semaines a été parfait : juste le temps nécessaire pour nous permettre de retrouver du plaisir aux repas tout en profitant encore un peu de ces moments à nous.

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L’allaitement, ce choix qui ne devrait appartenir qu’à nous

Je suis intimement persuadée qu’allaiter doit rester un choix personnel et qu’il faut, quand on se sent agressée, pouvoir rappeler cela aux personnes qui nous entourent. Souvent, ils ne se rendent pas compte qu’ils sont stressants ou qu’on se sent jugée par leurs propos. Parfois, aussi, il vaut mieux ne pas en dire trop. Ce choix ne regarde que vous, votre enfant et votre conjoint.

Il y a des femmes qui aiment allaiter, d’autres non, certaines n’ont simplement pas envie. D’autres ont mal, certaines se sentent dépossédées de leurs corps. Certaines adorent et veulent continuer le plus longtemps possible. Certaines aiment tirer leur lait et que leurs conjoints puissent donner un biberon de temps en temps. Certains enfants adorent le sein, d’autres n’aiment pas trop et le rejettent. Certains n’arrivent pas à bien téter. D’autres, encore, ne digèrent pas bien le lait et ont besoin de laits spécifiques. Certains conjoints aiment cette relation qui se crée entre la maman et son bébé; d’autres voudraient pouvoir aussi nourrir leurs enfants.

Alors soyons tolérants, ne nous mêlons pas de ce qui se passe dans le soutien-gorge des autres. Et apprenons à laisser les remarques qui nous touchent à ce sujet pour ce qu’elles sont : peu importantes. Sourions-en et passons à autre chose.

En gardons en tête que si, en matière de (non)-allaitement, il existe une multitude de choix qui pourront convenir à notre enfant et à nous-même; il y a un domaine où il n’existe aucun substitut d’aucune forme : c’est l’amour qu’un parent donne à son enfant. Commençons par les aimer nos petits bouts… Qu’ils soient allaités ou nourris aux biberons, leur plus bel engrais c’est l’amour qu’on leur donne.

XXX

Charlotte

 

13 commentaires Ajoutez le vôtre

  1. Claire dit :

    Merci pour ce très bel article, je partage tout à fait ton point de vue.

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  2. mamanchloe dit :

    L’allaitement maternel est en effet un choix très personnel, il faut en ressentir l’envie et le besoin et surtout voir comment cela se passe, sans se mettre trop de pression je crois. Personnellement j’ai allaité petit G environ pendant 3 mois puis ensuite je suis passé tout doucement au biberon en gardant une tétée le matin et le soir, puis le soir uniquement (il en avait besoin pour s’endormir…). Dans l’ensemble ça s’est bien passé. Le premier mois a été difficile car il n’avait pas assez de force pour téter (né 1 mois avant terme) et ne prenait pas de poids. J’ai cru abandonner…mais la PMI de m’a ville m’a aidé et donné de bons conseils. J’ai aussi eu une lymphangite (problème d’engorgement) : ouille !! Mais bon on survit !
    Pour le 2ème j’avoue avoir eu un moment de doute quant à l’allaitement au sein : peur de la fatigue, peur de la réaction de mon ainé…et puis en fait j’ai envie d’avoir ces mêmes moments avec lui, lui permettre de bénéficier de la même chose que son grand frère. Mais je ne me mets pas la pression, je verrai bien comment cela se passe ! 🙂

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    1. C’est le meilleur que je te souhaite : essayer, que cela fonctionne au mieux (sans lymphangite :-)) et que, surtout, vous trouviez votre équilibre à vous deux.
      Les tétées du matin et du soir restent quand-même un vrai moment de calme, je trouve!
      Plein de bisous à toi et tes petits boys.

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  3. Madame Lavande dit :

    D’accord à 100% avec toi ! C’est tellement vrai que beaucoup de personnes jugent de l’allaitement avant, pendant et après la grossesse !
    J’ai à peu près le même parcours que toi : avant la naissance de ma puce, je ne savais pas du tout si j’allaiterai ou pas, on m’a donc vivement conseillé de le faire sinon – au choix- ma fille serait tout le temps malade, ingurgiterait tout un tas de produit chimiques présents dans le lait artificiel, le lien serait plus difficile à créer etc…
    J’ai finalement choisi de tenter l’allaitement et tout s’est très bien passé. Quand ma puce a eu 4 mois environ j’ai commencé à avoir des questions sur ma reprise du travail.
    J’ai finalement commencé à introduire le biberon 1 mois avant de reprendre le travail pour mettre en place un allaitement mixte (tétée matin et soir et biberon à midi et 16h à la crèche).
    Aujourd’hui ma pépette a 7 mois et demi, tète 2 fois par jour en semaine, 4 le weekend et prend le biberon avec plaisir ! Et pourtant je commence à avoir des remarques sur le fait qu’elle ne saura pas se détacher de moi (pourtant il me semble qu’elle passe 9h par jour à la crèche, et avec le sourire en plus), que mon lait ne suffit plus (en même temps elle est diversifiée depuis plus 2 mois…) etc. , bref mon allaitement long commence à déranger ceux qui me conseillaient à tout pris d’allaiter il y a quelques mois.
    En tous cas merci pour cet article qui nous rappelle que se mêler de ses affaires c’est le mieux !

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    1. Courage face aux différentes « critiques » ou « questions insistantes »… Si ça vous convient, à toi et à ta puce, profite surtout de ces moments en duo et laisse glisser sur toi les mauvais regards et les remarques désobligeantes.
      Plein de douces pensées pour vous!

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  4. Merci pour cet article ! Ce que tu dis est très juste. que chacun fasse comme il le souhaite, comme ça leur convient (c’est valable pour beaucoup de choses en fait). Les remarques sur l’allaitement commencent très tôt et c’est une vraie pression !
    Le plus important c’est que ton allaitement et le rythme du sevrage vous ai convenu à toi, ta puce et ton mari ! Les autres : on s’en moque !!!

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    1. Merci! Oui, j’ai parfois l’impression que dès l’annonce de la grossesse on t’en parle… Personnellement, je disais toujours que je verrais bien (c’est vrai, je n’avais jamais allaiter, comment savoir si ça me conviendrait?).
      Profite de ces derniers mois pour coudre encore plein de jolies choses (super joli tablier, au passage!) 🙂

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  5. l0uanne dit :

    On est quand même bien souvent jugée quand on donne un biberon, malheureusement….

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    1. Je suis bien d’accord. C’est parfois dommage de voir à quel point les gens se mêlent de ce qui ne les regardent pas.

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  6. Pititefleur dit :

    L’éternel débat. Je suis sûre que le moment venu j’aurais ce genre de questions. En général si c’est juste la question, elle ne me dérange pas. Je dis que je pense essayer après je ne suis pas bloquée là dessus. Si ça marche tant mieux, si c’est trop dur je ne me rendrais pas malade pour ça. L’important c’est que bébé et maman aille bien.

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    1. Je suis bien d’accord. Il est clair que chacun fait comme il l’entend et comme il le peut.
      C’est un grand débat, mais je suis parfois étonnée de voir à quel point le corps médical peut aussi pencher très fortement en faveur de l’allaitement parfois au détriment du bien-être d’une jeune maman. Cela me pose question… 🙂 Je t’embrasse.

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