Et puis, lui avoir donné la vie…

L’objectif de cet article n’est ni de faire preuve d’un angélisme démesuré, ni de tomber dans des détails glauques ou inutiles. Je tiens ici à relater la fierté que j’ai eu de donner la vie à ma Poupette, ce que ça a engendré comme émotions, comme fou-rires, comme liens avec mon chéri et ma fille. Alors oui, ce fût long, ce fût dur (parfois) mais ce fût surtout le jour où tout a changé. Et c’est ce passage dont je voudrais vous parler aujourd’hui. Avec pudeur, mais aussi avec ouverture… 

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Ce fût une belle soirée, ce 2 janvier. Nous avions un repas familial chez mon chéri, son frère et sa copine qui vivaient à Berlin étaient présents, ses autres frères et sœurs, ses parents… C’était un beau moment (et accessoirement, la troisième fois, en 24h, que je mangeais de la choucroute…). Rappelez-vous, je n’en pouvais plus d’attendre mon petit haricot.

Je ne sais pas pourquoi, est-ce le trop-plein de choucroute, un bidou qui devenait trop étroit pour ma puce, … ou juste que le temps était venu pour elle de découvrir le vaste monde…. Toujours est-il que cette nuit-là, en revenant des toilettes et en me retournant dans mon lit, j’ai perdu les eaux.

Mon cerveau s’est mis à tourner à 100 à l’heure, j’ai réveillé mon chéri et je me suis levée excitée comme une puce. Je n’avais aucune contraction, donc, j’ai eu le temps de finir tranquillement ma valise et de prendre une douche (je voulais être propre pour l’arrivée de mon bébé, on a de drôles d’idées en fin de grossesse ;-)). Le trajet, à 1h du matin sur les routes vides s’est fait en musique, l’amour en tête, ma main dans celle de mon chéri. Enfin, on allait rencontrer notre bébé!

Le travail a mis trop de temps à démarrer, donc on a dû un peu aider les contractions à arriver. Tant et si bien, que ça plus la poche des eaux rompues, au bout de quelques heures, je n’en pouvais plus. J’ai pris la péridurale et, heureusement, car je ne suis vraiment pas certaine que j’aurais supporté les contractions si longtemps et surtout de pousser après sans avoir un répit. Toutefois, ce répit a été relatif puisque rapidement, la péridurale s’est latéralisée et que je n’ai jamais réussi à faire en sorte de réendormir tout le bas de mon corps.

***
Je sais que plusieurs femmes essaient d’accoucher sans péridurale et je les admire. Je pense, par contre, que chaque femme doit pouvoir poser son choix en fonction de son corps, de ses envies et de ce qui lui semble le mieux pour elle et son bébé. Personnellement, j’ai préféré prendre la péridurale et pouvoir un peu me reposer et recharger les batteries pour que l’accouchement se passe dans la douceur.(1)

***

La journée a été longue, très longue… Mon chéri tournait en rond, moi je ne savais plus quoi faire pour accélérer les choses. Mais pendant tout le travail, j’ai pris le temps de parler avec mon bébé. De lui dire que je souhaitais qu’il vienne en douceur, que nous allions traverser ensemble ce moment, que j’allais lui donner la vie, et qu’il allait devoir la saisir, la vie. J’ai pris le temps de le caresser une dernière fois à travers mon ventre (entre deux contractions, bien sûr). Mon chéri nous a fait des massages et a été extraordinaire. Il m’a soutenue, a fait l’alphabet à l’envers autant de fois que je le lui ai demandé, a chanté, a essayé de me divertir, m’a dit qu’il m’aimait et m’a encouragée.

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Petits habits préparés avec amour par mon chéri pendant le travail…

 

 

Et puis, est venu ce moment tant attendu, où la sage-femme m’a annoncé que j’allais pouvoir commencer à pousser. Mon homme était près de moi. Me tenait la main et la tête. La gynécologue, son assistante et la sage-femme étaient présentes. Mon bébé avançait, petit à petit et je le sentais aller plus loin, un peu plus à chaque poussée. La sage-femme a un peu aidé bébé à sortir en poussant sur mon ventre… Moi, je continuais à encourager mon enfant. Je lui disais qu’on l’attendait, qu’il ne devait pas avoir peur de venir au monde, qu’on serait là pour l’accueillir. Et puis, au bout d’une demi-heure, mon bébé a poussé son premier cri, accueilli par les larmes de joie de son Papa.

Il était 21h48, le 3 janvier 2016.

Et là, je l’ai vue, ma petite fille que je découvrais toute entière. Des cheveux noirs touffus, une peau mate, des grandes mains, un petit nez adorable… Directement, je l’ai prise sur moi et son petit corps s’est collé au mien en peau à peau. Tout en douceur… Je lui ai dit merci, à elle avant tout, et puis à mon homme. Je leur ai dit que je les aimais tous les deux.

Nous lui avons donné son prénom. Ce nom que nous avions choisi ensemble. Ce coup de cœur de mon chéri (le seul prénom qu’il avait sur sa liste, d’ailleurs. Le seul, alors que nous ne savions pas si nous attendions un garçon ou une fille [le prénom de Poupette est uniquement féminin]), ce prénom que j’aimais d’amour. Cette évidence pour nous deux.

Elle était là, parfaite à nos yeux, toute douce contre moi. Son petit visage encore tout chiffonné tourné vers son papa, pleine de vie, cherchant le sein et rampant vers mon cou. Elle m’a directement étonnée par sa force de vie, son incroyable vitalité.

Nous l’avons accueillie avec tendresse et amour, tout autour n’existait plus, tout cet avant était effacé par le bonheur. La faim, la soif, la fatigue, … tout ça avait disparu derrière ce sentiment tellement intense : nous étions devenus parents et nous découvrions à quel point notre fille était parfaite dans ses imperfections; à quel point elle était belle; à quel point nous étions fiers d’elle et de nous.

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Poupette, 52 cm et 4kg140, partageait l’air que nous respirons, était dans nos bras, pouvait être serrée, embrassée,… Une nouvelle année étincelante de bonheur venait de débuter.

Encore aujourd’hui, ce souvenir reste un des plus beaux, si pas le plus beau, de ma vie. Et quand j’ai peur, que je suis perdue ou déçue, j’y repense. Toujours avec la même émotion, toujours avec le même débordement d’amour.

Ce moment que je souhaite encore connaitre, dans un futur relativement proche. Une naissance, ou comment j’ai donné la vie : avec amour et fierté.

XXX

Charlotte

(1) Albertine en a un peu parlé  avec beaucoup de justesse dans son article sur Dans ma tribu :  http://www.dans-ma-tribu.fr/mon-accouchement-avec-peridurale-tres-serein/

 

4 commentaires Ajoutez le vôtre

  1. Ton texte est superbe ! Tu as réussi à me tirer les larmes 😉
    (Le texte d’Albertine avait eu le même effet sur moi !)

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  2. C’est magnifique et joliment écrit!

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